Le Pépère

Bordeaux, Place Saint-Michel, un jour de marché. Un homme d’un certain âge aux cheveux blancs et en veste à carreaux et polo terne, parcourt les bacs de vinyles d’occase. Tout à sa joie de découvrir une pépite par lui depuis longtemps recherchée (le volume 7 des Variétés par la Fanfare de l’Armée de l’Air, tout de même!), il ne voit pas un espèce de clochard s’approcher dans son dos et le projeter à terre aux cris de « Arrière, Satan ! Arrière ! » . Sonné, le vieux est tiré d’affaire par une jeune femme au langage tout aussi haut en couleurs que son look chamarré. Vanessa, c’est son nom, aime bien son gentil Pépère, un monsieur tranquille qui ne vient pas lui casser les arpions comme le fait par exemple Hassan, chez qui elle squatte de temps en temps en échange de quelques faveurs et qui s’est mis en tête de la marier et de l’emmener au bled. Un dénommé Sacha, plus jeune et viril, va la tirer d’affaire, et ils vont former un couple qui essaye tant bien que mal de s’extirper d’un quotidien compliqué et violent. Le Pépère, lui, au moins a une vie bien rangée, et quand Vanessa le croise à nouveau par hasard dans une supérette, elle ne peut s’empêcher de le saluer chaleureusement. Mais aussi de le prévenir : « Attention sur le chemin, il y a des méchants dans les rues, des fois... ». Le Pépère ne semble pas trop inquiet...

 

Alternant les points de vue des deux intervenants principaux comme alternant les époques, le récit n’en perd pour autant rien en lisibilité. On suit donc tantôt un pépère encore jeune, tantôt une Vanessa et son Sacha, camés les trois-quart du temps, toujours en recherche du prochain coup foireux.

 

Glénat 2026